21.12.2008

Misérable !

 

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Une poursuite commença à travers les rues obscures, mais les inspecteurs clamaient déjà le nom de Cadoudal, comme des chasseurs depuis longtemps à l’affût, – ce qui confirmerait l’hypothèse d’un guet-apens. Un des policiers nommé Caniolle se cramponna aux ressorts de la voiture, pendant que l’inspecteur Buffet saisissait le cheval par la bride, rue Casimir-Delavigne.  Devant l’imminence du danger, Georges fit feu sur Buffet pour lui faire lâcher prise, mais le cheval s’était arrêté, et le chouan, pour échapper à Caniolle, bondit hors du cabriolet et s’élança vers la rue de l’École-de-Médecine.  Georges se voyait forlancé comme un sanglier de Brocéliande, et dans l’essoufflement de sa dernière course il lui semblait entendre de lointains hallalis, la sonnerie de cor de la bête aux abois !...

C’était la fin. Au carrefour de l’Odéon, il fut reconnu par une meute d’argousins, ceinturé par plusieurs d’entre eux, malgré sa force herculéenne, et lié de cordes devant la tourbe trépignante et vociférante...
On promenait une lanterne devant son visage de loup de mer :

« C’est bien toi, Georges Cadoudal ?

– Oui, c’est moi.
– Misérable ! Tu viens de tuer un père de famille...
– Il fallait me faire arrêter par des célibataires !...

Théophile BRIANT, Les pierres m’ont dit, Nouvelle Librairie Celtique, 1955.

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