25.12.2008

Donner

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Une année écoulée. Une de plus. Déjà fin décembre… Etrange période intermédiaire propice aux bilans et aux bonnes résolutions qu'on espère, cette fois, tenir au moins en partie.

Il pleut sans faire froid. Saleté de réchauffement climatique !

Un avis hautement scientifique que ne semble pas partager le clochard recroquevillé sur son bout de carton détrempé.

Déposer une pièce dans la main de l'indigent et détourner bien vite les yeux pour ne pas rougir de faire si peu.

Plus de place réservée à table, plus de solidarité réelle de la famille ou du quartier, plus de petits boulots payés de la main dans la main qui évitent la cloche, juste des restos d'enfoirés qui ressemblent à d'immenses supermarchés de la misère et des shows télévisés dégoulinant d'indécence.

Continuer à donner malgré tout, directement aux nécessiteux, loin de ces insupportables racoleurs de générosité qui viennent agresser le chaland à la sortie du métro pour gagner leur salaire de la honte à grands coups de culpabilisation orchestrée par les dernières techniques du marketing.

Donner aux pauvres et aux églises qui les servent, court-circuiter cette industrie associative de la charité  où l'on fait carrière comme dans la banque ou l'administration.

Mais donner, encore et toujours. Donner autant que l'on a dépensé en futilités festives et cadeaux superflus.

Car Noël n'est pas le temps de l'orgie boustifailleuse et de l'hystérie commerciale mais celui du miracle et du rachat.

Le temps de se souvenir que tout homme qui souffre est une offense à Dieu et que notre indifférence en est une autre.

« Donner de l'argent, c'est facile. » grimace l'ombre d'un murmure en costume gris s'éclipsant au détour d'une succursale bancaire. Certes, mais, plate évidence, il est encore plus facile de le garder pour soi.

Et à défaut d'argent, bien que cela ne soit nullement incompatible, il est de nombreuses autres choses à donner : du temps, de l'attention, de l'intérêt, de l'affection, du travail, du pardon…

Ne construisons pas nos solitudes futures, n'oublions jamais que nos vies ne sont que d'éphémères volutes sans les liens tissés avec nos communautés passées, présentes et à venir.

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