14.01.2007

En souvenir de Jean-Edern

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par le Père Alain Maillard de La Morandais, pour la messe de requiem du 12 janvier 2007...

 

La Lettre de Paul nous parle de « folie » et l'évangile du jour d'un paralysé obstiné. Le résultat nous donne un miracle. Dans sa Lettre aux chrétiens de Corinthe, Paul procède par opposition   : sagesse et folie, puissance et faiblesse, haute naissance et origines modestes. Ce qui est « sage » aux yeux des hommes, c'est de mettre au premier rang des valeurs ce qui peut vous donner de la puissance au niveau du pouvoir, de l'argent et de la vie amoureuse, le couronnement des ces trois dernières valeurs étant la consécration sociale et historique par la haute naissance.

 

Depuis saint Paul la tradition spirituelle de l'Eglise a proposé comme vie de « sainte folie » juste l'inverse : au lieu du pouvoir l'obéissance, au lieu de l'argent une forme de pauvreté et le lieu de l'accomplissement sexuel, la chasteté. D'où la fascination de Jean-Edern pour Charles de Foucauld dans « L'évangile du fou ». Ces trois dernières valeurs sont toujours aussi à contretemps, à contre-courant  :  en Occident aujourd'hui ces valeurs de folie chrétienne se présentent - contre un bilan positif des statistiques  - comme une contre-culture.

 

Quelle est donc cette « folie » que Paul oppose à la sagesse du monde ? Les débuts de la Lettre aux Corinthiens l'expliquent très bien : « Le Christ ne m'a pas envoyé baptiser nais annoncer l'Evangile, et sans recourir à la sagesse du langage, pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ. Le langage de la croix est en effet folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. » (I Cor.I, 17).

 

Crucifier en soi le désir immodéré de l'argent, l'appétit de pouvoir et de reconnaissance, et les frictions des passions amoureuses, c'est complètement fou ! La sagesse, selon le monde, consiste à faire mettre beaucoup d'argent de côté et à rivaliser contre nos adversaires dans les conquêtes de pouvoir; la sagesse nous persuade aisément que l'amour se passe moins bien du corps que du coeur, les tensions charnelles étant ce qu'elles sont et le monde ce que nous  savons. Cette croix mystérieuse qui l'a écartelé toute sa vie, Jean-Edern a été foudroyé par elle qui l'a jeté à bas de sa monture pour une conversion éternelle.

Le paralysé de l'Evangile qui fait passer en force sa civière par le toit de la maison où demeure un Christ assiégé par tous les tordus de la vie, est à sa manière une espèce de fou, puisqu'il défie les lois de l'hospitalité ordinaire et qu'il confond dans son désir fou celui d'être guéri et sauvé, mais pas à moitié guéri : sortir de sa paralysie infâmante ne lui suffit pas, il veut être purifié au plus profond de son être, dans sa substance peccamineuse. Il est peut-être paralysé de ses membres mais pas schizophrène pour un sou : c'est la guérison totale qu'il appelle à grands cris, celle où la réalité n'est pas disloquée en physique, psychologique et spirituelle mais remise en harmonie entre les trois composantes de la réalité humaine totale. Il demande ce miracle parce qu'il sait que ce Christ est réunificateur, qu'il est capable de rassembler ce qui est divisé.

Par le miracle il y a synergie de l'Homme et de Dieu (association de plusieurs fonctions, de plusieurs facteurs qui concourent à une action unique, à un effet d'ensemble). Autrement dit, la parfaite Transcendance est une parfaite Immanence. La présence divine est à la fois souverainement au-delà de nos forces, de notre attente, nous dépassant radicalement et en même temps, proche, intime, intérieure, inséparable de notre être et passant par tout ce que nous sommes. Avec nos folies et nos faiblesses. Inutile alors de se représenter Dieu  comme intervenant dans le monde, comme Quelqu'un qui lui serait extérieur. C'est le propre du regard du croyant que de découvrir dans le cours naturel du monde la Présence aimante et active de Dieu, une action qui ne se substitue pas à l'activité humaine, mais lui donne de devenir pleinement elle-même, réunifiée, harmonieuse. Dans le miracle, le croyant reconnaît la surabondance de l'Amour divin. Dieu ne supplante pas l'Homme, mais en parachève l'action : Il agit en passant par les forces mêmes de l'Homme. Par son Désir et même sa misère. Et c'est sans doute pourquoi Jean-Edern, dans « L'évangile du fou » a pu encore écrire, prophétisant sur lui-même jusqu'à la paralysie des yeux :« Puissé-je connaître le même destin; qu'on crache sur ma tombe et quand on n'aura plus assez de salive pour dire tout le mal qu'il fallait penser de moi, qu'on m'oublie. » Eh bien, non, Jean-Edern ! Nous n'avons pas envie de t'oublier. Et tu le savais, tu le savais bien, quand tu écrivais de toi: « Le temps verra mon retour au fourneau et à ma part de paradis : nourrir ceux qui ont faim de justice et vêtir ceux qui ont froid dans la grande indigence spirituelle moderne. »

16.12.2006

Paris-Match : "Jean-Edern Hallier. 10 ans après, il intrigue toujours"

http://jean-edern.typepad.fr/jean_edern/2006/12/parismatc...

Image0_1 Un article de Jacques-Marie Bourget à découvrir dans Paris-Match du 14/12/06 sur le livre "La mise à mort de Jean-Edern Hallier"

Jean-Edern Hallier a été assassiné ! Cela nous manquait : même mort JEH bouge encore. On savait déjà que, vivant, il a été torturé a continuo par une cellule élyséenne spécialement mobilisée contre lui pour protéger les secrets du prince Mitterrand. Mais dans leur livre « La mise à mort de Jean-Edern Hallier », l’enquête de Dominique Lacout et Christian Lançon suggère uneLogo_bandeau fin de l’artiste en forme de crime : le 12 janvier 1997, l’écrivain aveugle ne serait pas mort d’une simple chute de vélo... Découvrez la suite de l'article